Ultimate Rally Day : Un truc de fou !
Envoyé 28/06/2010 à 15h18 par lequipement.fr
On l'a fait ! Ce qui était à la base un pari un peu débile s'est concrétisé par une participation officielle à un rallye routier avec une moto qui n'en demandait pas tant. Récit, de l'intérieur, d'une journée sur les routes de l'Ultimate Rally 2010, au milieu d'une bande de vrais cinglés. Que du bonheur !
Faire un rallye routier avec la Honda DN-01 ... Mais quelle mouche nous avait piqués le jour où on a demandé à Patrick Bournisien s'il restait des places pour son Ultimate Rally ? Considéré par certains comme le plus difficile des rallyes, l'Ultimate 2010 existe heureusement avec une déclinaison un peu moins violente, nommée Day. Comme son nom l'indique, elle se limite à une journée, celle du samedi 26 juin 2010, avec tout de même plus de 400 kilomètres de liaison. On avait relaté sur le Blog de la Rédac les différents préparatifs de la machine. Malgré une préparation limitée à l'installation de patins en téflon, d'un réceptacle à reniflards et d'un dérouleur de road-book (un grand merci à Piero et Michel Bonneau pour le dérouleur et la fixation), nous avons tout de même renommé la moto en DN-01 R, histoire de se donner du courage et d'impressionner les autres concurrents
Et pour annoncer la couleur, la touche finale est ajoutée le samedi matin, à 3 minutes de mon départ, avec une splendide botte de poireaux qui s'installe sur la place passager.
À trente secondes du top départ, le stress explose. Je n'ai jamais foutu les pneus en rallye, la moto n'a pas grand chose de sportif (comment ça "voire rien du tout" ?) et je vais devoir gérer un road-book pour la permière fois de ma vie. L'installation du kilomètre de feuilles bourrées de symboles ésotériques fut d'ailleurs un grand moment, ambiance retour en maternelle avec découpages et scotchages. Le commissaire au départ m'informe que j'ai 6 minutes pour rallier le départ de la première spéciale. Pour faire monter la pression, il n'aurait pas pu mieux faire le bougre. Même si je connais ce tronçon (et ce sera le seul ...), je pars aussi vite que le permettent les presque 300 kilos de l'engin et les pneus froids. Un œil sur la route, l'autre sur le road-book pour ne pas louper les changements de direction, sans oublier de surveiller le compteur kilométrique pour être sûr de tourner au bon endroit. Zut, il va manquer un œil ... Pas grave on ouvre en grand (on ne rigole pas !) et on arrive en vue du CH. Novice, je me jette sur le tapis pour arrêter mon chrono ! J'ai mis 5 minutes et 52 secondes ! Je suis ravi, jusqu'au moment où Maxence vient me dire que j'ai pointé trop tôt et que je prends une minute de pénalité.
Argh le boulet, prendre des pions pour avoir été trop vite, le comble !
Mais qu'est-ce que je fous là ?
Il y a "un peu" de retard pour le départ de la spéciale du Boron, qui a été amputée de sa première boucle et j'ai le temps de causer avec les habitués de la discipline. En voyant la Honda DN-01, ils me souhaitent tous bonne chance avec un sourire en coin. Je vais discuter avec les autres inscrits à l'UR Day. Parmi les 5 autres inscrits, une Speed Triple 1050 pilotée par Franck Coudert, qui a déjà participé au Moto Tour (gasp), une KTM 690 Duke 3 (re gasp) et une Yamaha R6 (mais qu'est-ce que je fous là ?). Une Ducati 888 attelée est aussi de la partie. Bon, ça confirme qu'on vient pour se marrer avec notre bestiole. Franck Coudert, numéro 301, part avant moi, dans un hurlement monstrueux. Il n'est pas venu pour amuser la galerie ! D'ailleurs, il va se payer le luxe de signer le scratch sur une spéciale, ainsi que les 2ème et 3ème chrono sur les autres ... J'avais reconnu les spéciales pour les filmer, mais là, il faut hausser le rythme, en jonglant avec la garde au sol plus que limitée de la Honda. Pas grave, je jette la moto aussi fort que je peux dans les virages, jonglant avec la boîte de vitesse, qui restera toute la journée en mode manuel, pour espérer grappiller quelques centièmes de temps en temps. Bilan à l'arrivée, 67ème temps, sur 78 partants. Cool, j'évite de finir dernier. Remonté à bloc, j'engage les 35 bornes de liaison pour rallier Chambonchard qui se trouve ... à 5 kilomètres. Patrick Bournisien nous a concocté un parcours avec des routes qui parfois ne doivent voir qu'un tracteur par mois. Au milieu des sous-bois, la DN-01 s'avère être un terrible handicap quand il s'agit de négocier des épingles sur lit de graviers, avec un empattement de paquebot. L'ABS me sera d'ailleurs d'un certain secours à de nombreuses occasions au cours de la journée, en se déclenchant plus de 20 fois.
Arrivé à Chambonchard, je retrouve Loïc qui m'apporte de l'eau et de quoi emmagasiner quelques forces avant la prochaine liaison, longue de 200 kilomètres. Sur la spéciale de Chambonchard aussi rapide qu'un circuit, je "limite la casse" en terminant avec le 69ème chrono, à 43 secondes du plus rapide.
Crevé, dans tous les sens du terme
Commence alors la liaison vers le CH (contrôle horaire) de midi. Enfin midi, ce sera pour les meilleurs. Parti à 11 h 38, je suis supposé arriver à 14 h 58. Tu parles ! Au bout de trois quarts d'heure, je comprends vite que je ne pourrai jamais tenir l'horaire. La surveillance constante du road-book oblige à rouler de temps en temps à allure réduite, sans parler des graviers omniprésents durant ces 200 bornes à tel point que les pertes de l'arrière et de l'avant finiront par devenir la norme. Finalement, le centre de gravité très bas de la DN-01 me sauvera la mise quelques fois, prévenant et permettant de coller un grand coup de pied par terre pour relever la moto au dernier moment. Durant les 140 premiers kilomètres, je roule en duo avec Alban, venu de Cahors avec sa KTM 990 Adventure. Nous ouvrons la route chacun notre tour, parfois rejoint par une autre KTM, la 303 de François-Xavier Huille, lui aussi inscrit à l'UR Day. Les divergences de choix quant à l'interprétation des directions indiquées finiront par éclater le groupe.
Véritable régal pour les yeux, la portion contournant le Lac de Vassivière sera un véritable enfer pour le pilotage. Graviers, feuilles, bois mort et humidité malgré une chaleur étouffante commencent à mettre à mal ma détermination. Je rends la main pendant quelques kilomètres, histoire de moins forcer pendant quelques kilomètres. Avec les pieds en avant, appuyer sur les platines pour engager la moto en courbe devient un supplice. D'autant que le pneu arrière commence à glisser sérieusement. Et même à beaucoup glisser, transformant la DN-01 en chamallow géant. Le pneu est usé ? Pas le temps de m'arrêter, je suis déjà en retard et je couvre les trente derniers kilomètres en gérant les pertes de l'arrière et le pompage excessif que ça provoque dans les suspensions. J'arrive au CH à 15 h 20. Ça fait 22 minutes de retard. Je suis fatigué, déçu du chrono et coup de grâce, le commissaire me signale que mon pneu arrière est à plat.
Bonne nouvelle, je comprends pourquoi l'arrière voulait en permanence passer devant. Mauvaise nouvelle : venu en gros touriste, je n'ai rien du tout pour réparer, ce qui signifie que l'abandon pointe son nez.
La solidarité ? Elle existe en rallye !
C'était mal connaître l'ambiance des rallyes. Eric Martin (dit Chabou ) sort une bombe anti-crevaison de la selle de sa vieille Suzuki GS 750 tandis que le mécano d'un autre équipage me prend la moto et me dit d'aller me reposer. Durant les 30 minutes de neutralisation, il répare et regonfle le pneu tandis que Corinne m'apporte une assiette de pâtes. Je peux vous assurer que ces coups de main m'ont autant retapé le moral que la pause a pu me requinquer le physique, merci à eux.
Le pneu est réparé, mais il a sérieusement morflé. Usé au centre, il est également arraché sur les bords, conséquence d'un roulage excessif avec une pression proche de zéro. Pas grave, ça ira pour finir la journée.
Après avoir fait laver mon écran à l'arrache, je repars, bien décidé à pointer cette fois dans les temps pour les 135 prochains kilomètres. Je vous passe les détails, mais ce sera du même acabit que les 200 km précédents. Sauf que là, un pbrin agacé, je me pointe avec 4 minutes d'avance. Et cette fois, j'attends sagement pour bloquer le chrono dans la bonne minute et ne pas prendre de pénalités.
On apprend alors que le retard pris a entraîné l'annulation de la spéciale du Barrage de Prat. Dommage, ça promettait d'être la plus belle, mais j'avoue que la fatigue est là et que l'idée de "gratter" une spéciale me soulage un peu. Sur la spéciale du Gué de Sellat, on nous annonce du goudron fondu sur la remontée. Pas étonnant vu qu'il faut plus de 30 ° dans l'air, et près de 50 dans la combarde.
Chauffé à blanc, le bitume est mis à rude épreuve par les énervés qui s'élancent. Sur l'une des photos disponibles plus bas, vous verrez d'ailleurs un cratère, causé par la ré-accélération au rupteur de la Speed Triple de Franck Coudert, qui a littéralement "tout arraché" ! Le goudron fondu est bel et bien présent, manquant de m'éjecter par quatre fois, avec autant de décollages et d'atterrissages plus ou moins maîtrisés. Malgré tout, je finis avec le 62ème temps et rallie enfin le circuit de karting de Marcillat pour la spéciale sur 6 tours.
Circuit de Karting : Comme un éléphant sur une piste de pocket
Ici, pas d'illusions, je ne peux RIEN faire face aux autres motos de ma session. Patrick Schmuck, hors course depuis la première nuit décide de venir rouler dans la session des UR Day, ce qui nous fait 5 motos en grille. Et je vais finir 5ème après avoir fait racler la moto aux limites du raisonnable, comme vous pourrez le voir dans la vidéo faite à cette occasion avec la caméra GoPro HD Hero.
À la fin de la journée, les poireaux qui m'ont servi de passager sont cuits et le pneu arrière est rincé. Pour ma part, je suis les deux à la fois. Claqué, fatigué, lessivé, mais heureux. Je l'ai fait ! Ce n'était que la boucle de jour, mais j'ai pris un pied d'enfer à découvrir le monde du rallye pendant cet Ultimate qui n'usurpe décidément pas son nom. Et j'ai le plaisir de découvrir que je n'ai été la lanterne rouge sur aucune des spéciales, même sur le circuit.
D'ailleurs, au niveau du classement, la grosse surprise sera pour le soir. S'il était évident que Franck Coudert ne pouvait pas manquer la première place du classement de l'Ultimate Rally Day, je finis second, 3 minutes et 26 secondes devant la KTM de François-Xavier grâce à la navigation. Mon premier podium ! Un podium qui n'aurait jamais été possible sans l'aide de Merlin et Chabou après ma crevaison, merci les gars !
Pour répondre à une question qu'on m'a posé à de nombreuses reprises dans la soirée, je pense effectivement que je ferai d'autre rallyes car c'est un sacré virus. En revanche, la prochaine fois, je prendrai certainement une machine qui souffrira moins de la conduite qu'impose une telle épreuve. Il faut dire que l'idée de se pointer à l'Ultimate avec une Honda DN-01 pensée à la base pour cruiser en toute tranquillité, c'est un peu comme le nom de notre "sponsor" sur cette épreuve : un vrai Truc de Fou !
Le rallye, si vous pouvez, foncez en faire un. Pas besoin de préparer éxagérément la moto. Un dérouleur de road-book et zou, en route ! Le rapport investissement/plaisir est absolument impossible à égaler et vous ne pouvez que vous régaler.
Après avoir lu un compte-rendu de queue de peloton, si vous voulez découvrir ce qu'ont fait les top pilotes, courez lire l'article de l'excellent Marc Troussard sur Moto-Net.

Chabou au Gué de Sellat

Ça frotte, ça frotte ! Photo Gilles Malbet

Ça a frotté, ça a frotté. Photo Gilles Malbet


Photo Corinne Montculier

On ne croirait pas, mais j'attaque ! Photo Corinne Montculier

Chauffé, le bitume ne résiste pas aux grosses attaques !

Bilan final : Seconde place pour l'Ultimate Rally Day 2010
Faire un rallye routier avec la Honda DN-01 ... Mais quelle mouche nous avait piqués le jour où on a demandé à Patrick Bournisien s'il restait des places pour son Ultimate Rally ? Considéré par certains comme le plus difficile des rallyes, l'Ultimate 2010 existe heureusement avec une déclinaison un peu moins violente, nommée Day. Comme son nom l'indique, elle se limite à une journée, celle du samedi 26 juin 2010, avec tout de même plus de 400 kilomètres de liaison. On avait relaté sur le Blog de la Rédac les différents préparatifs de la machine. Malgré une préparation limitée à l'installation de patins en téflon, d'un réceptacle à reniflards et d'un dérouleur de road-book (un grand merci à Piero et Michel Bonneau pour le dérouleur et la fixation), nous avons tout de même renommé la moto en DN-01 R, histoire de se donner du courage et d'impressionner les autres concurrents

Et pour annoncer la couleur, la touche finale est ajoutée le samedi matin, à 3 minutes de mon départ, avec une splendide botte de poireaux qui s'installe sur la place passager.
À trente secondes du top départ, le stress explose. Je n'ai jamais foutu les pneus en rallye, la moto n'a pas grand chose de sportif (comment ça "voire rien du tout" ?) et je vais devoir gérer un road-book pour la permière fois de ma vie. L'installation du kilomètre de feuilles bourrées de symboles ésotériques fut d'ailleurs un grand moment, ambiance retour en maternelle avec découpages et scotchages. Le commissaire au départ m'informe que j'ai 6 minutes pour rallier le départ de la première spéciale. Pour faire monter la pression, il n'aurait pas pu mieux faire le bougre. Même si je connais ce tronçon (et ce sera le seul ...), je pars aussi vite que le permettent les presque 300 kilos de l'engin et les pneus froids. Un œil sur la route, l'autre sur le road-book pour ne pas louper les changements de direction, sans oublier de surveiller le compteur kilométrique pour être sûr de tourner au bon endroit. Zut, il va manquer un œil ... Pas grave on ouvre en grand (on ne rigole pas !) et on arrive en vue du CH. Novice, je me jette sur le tapis pour arrêter mon chrono ! J'ai mis 5 minutes et 52 secondes ! Je suis ravi, jusqu'au moment où Maxence vient me dire que j'ai pointé trop tôt et que je prends une minute de pénalité.
Argh le boulet, prendre des pions pour avoir été trop vite, le comble !
Mais qu'est-ce que je fous là ?
Il y a "un peu" de retard pour le départ de la spéciale du Boron, qui a été amputée de sa première boucle et j'ai le temps de causer avec les habitués de la discipline. En voyant la Honda DN-01, ils me souhaitent tous bonne chance avec un sourire en coin. Je vais discuter avec les autres inscrits à l'UR Day. Parmi les 5 autres inscrits, une Speed Triple 1050 pilotée par Franck Coudert, qui a déjà participé au Moto Tour (gasp), une KTM 690 Duke 3 (re gasp) et une Yamaha R6 (mais qu'est-ce que je fous là ?). Une Ducati 888 attelée est aussi de la partie. Bon, ça confirme qu'on vient pour se marrer avec notre bestiole. Franck Coudert, numéro 301, part avant moi, dans un hurlement monstrueux. Il n'est pas venu pour amuser la galerie ! D'ailleurs, il va se payer le luxe de signer le scratch sur une spéciale, ainsi que les 2ème et 3ème chrono sur les autres ... J'avais reconnu les spéciales pour les filmer, mais là, il faut hausser le rythme, en jonglant avec la garde au sol plus que limitée de la Honda. Pas grave, je jette la moto aussi fort que je peux dans les virages, jonglant avec la boîte de vitesse, qui restera toute la journée en mode manuel, pour espérer grappiller quelques centièmes de temps en temps. Bilan à l'arrivée, 67ème temps, sur 78 partants. Cool, j'évite de finir dernier. Remonté à bloc, j'engage les 35 bornes de liaison pour rallier Chambonchard qui se trouve ... à 5 kilomètres. Patrick Bournisien nous a concocté un parcours avec des routes qui parfois ne doivent voir qu'un tracteur par mois. Au milieu des sous-bois, la DN-01 s'avère être un terrible handicap quand il s'agit de négocier des épingles sur lit de graviers, avec un empattement de paquebot. L'ABS me sera d'ailleurs d'un certain secours à de nombreuses occasions au cours de la journée, en se déclenchant plus de 20 fois.
Arrivé à Chambonchard, je retrouve Loïc qui m'apporte de l'eau et de quoi emmagasiner quelques forces avant la prochaine liaison, longue de 200 kilomètres. Sur la spéciale de Chambonchard aussi rapide qu'un circuit, je "limite la casse" en terminant avec le 69ème chrono, à 43 secondes du plus rapide.
Crevé, dans tous les sens du terme
Commence alors la liaison vers le CH (contrôle horaire) de midi. Enfin midi, ce sera pour les meilleurs. Parti à 11 h 38, je suis supposé arriver à 14 h 58. Tu parles ! Au bout de trois quarts d'heure, je comprends vite que je ne pourrai jamais tenir l'horaire. La surveillance constante du road-book oblige à rouler de temps en temps à allure réduite, sans parler des graviers omniprésents durant ces 200 bornes à tel point que les pertes de l'arrière et de l'avant finiront par devenir la norme. Finalement, le centre de gravité très bas de la DN-01 me sauvera la mise quelques fois, prévenant et permettant de coller un grand coup de pied par terre pour relever la moto au dernier moment. Durant les 140 premiers kilomètres, je roule en duo avec Alban, venu de Cahors avec sa KTM 990 Adventure. Nous ouvrons la route chacun notre tour, parfois rejoint par une autre KTM, la 303 de François-Xavier Huille, lui aussi inscrit à l'UR Day. Les divergences de choix quant à l'interprétation des directions indiquées finiront par éclater le groupe.
Véritable régal pour les yeux, la portion contournant le Lac de Vassivière sera un véritable enfer pour le pilotage. Graviers, feuilles, bois mort et humidité malgré une chaleur étouffante commencent à mettre à mal ma détermination. Je rends la main pendant quelques kilomètres, histoire de moins forcer pendant quelques kilomètres. Avec les pieds en avant, appuyer sur les platines pour engager la moto en courbe devient un supplice. D'autant que le pneu arrière commence à glisser sérieusement. Et même à beaucoup glisser, transformant la DN-01 en chamallow géant. Le pneu est usé ? Pas le temps de m'arrêter, je suis déjà en retard et je couvre les trente derniers kilomètres en gérant les pertes de l'arrière et le pompage excessif que ça provoque dans les suspensions. J'arrive au CH à 15 h 20. Ça fait 22 minutes de retard. Je suis fatigué, déçu du chrono et coup de grâce, le commissaire me signale que mon pneu arrière est à plat.
Bonne nouvelle, je comprends pourquoi l'arrière voulait en permanence passer devant. Mauvaise nouvelle : venu en gros touriste, je n'ai rien du tout pour réparer, ce qui signifie que l'abandon pointe son nez.
La solidarité ? Elle existe en rallye !
C'était mal connaître l'ambiance des rallyes. Eric Martin (dit Chabou ) sort une bombe anti-crevaison de la selle de sa vieille Suzuki GS 750 tandis que le mécano d'un autre équipage me prend la moto et me dit d'aller me reposer. Durant les 30 minutes de neutralisation, il répare et regonfle le pneu tandis que Corinne m'apporte une assiette de pâtes. Je peux vous assurer que ces coups de main m'ont autant retapé le moral que la pause a pu me requinquer le physique, merci à eux.
Le pneu est réparé, mais il a sérieusement morflé. Usé au centre, il est également arraché sur les bords, conséquence d'un roulage excessif avec une pression proche de zéro. Pas grave, ça ira pour finir la journée.
Après avoir fait laver mon écran à l'arrache, je repars, bien décidé à pointer cette fois dans les temps pour les 135 prochains kilomètres. Je vous passe les détails, mais ce sera du même acabit que les 200 km précédents. Sauf que là, un pbrin agacé, je me pointe avec 4 minutes d'avance. Et cette fois, j'attends sagement pour bloquer le chrono dans la bonne minute et ne pas prendre de pénalités.
On apprend alors que le retard pris a entraîné l'annulation de la spéciale du Barrage de Prat. Dommage, ça promettait d'être la plus belle, mais j'avoue que la fatigue est là et que l'idée de "gratter" une spéciale me soulage un peu. Sur la spéciale du Gué de Sellat, on nous annonce du goudron fondu sur la remontée. Pas étonnant vu qu'il faut plus de 30 ° dans l'air, et près de 50 dans la combarde.
Chauffé à blanc, le bitume est mis à rude épreuve par les énervés qui s'élancent. Sur l'une des photos disponibles plus bas, vous verrez d'ailleurs un cratère, causé par la ré-accélération au rupteur de la Speed Triple de Franck Coudert, qui a littéralement "tout arraché" ! Le goudron fondu est bel et bien présent, manquant de m'éjecter par quatre fois, avec autant de décollages et d'atterrissages plus ou moins maîtrisés. Malgré tout, je finis avec le 62ème temps et rallie enfin le circuit de karting de Marcillat pour la spéciale sur 6 tours.
Circuit de Karting : Comme un éléphant sur une piste de pocket
Ici, pas d'illusions, je ne peux RIEN faire face aux autres motos de ma session. Patrick Schmuck, hors course depuis la première nuit décide de venir rouler dans la session des UR Day, ce qui nous fait 5 motos en grille. Et je vais finir 5ème après avoir fait racler la moto aux limites du raisonnable, comme vous pourrez le voir dans la vidéo faite à cette occasion avec la caméra GoPro HD Hero.
À la fin de la journée, les poireaux qui m'ont servi de passager sont cuits et le pneu arrière est rincé. Pour ma part, je suis les deux à la fois. Claqué, fatigué, lessivé, mais heureux. Je l'ai fait ! Ce n'était que la boucle de jour, mais j'ai pris un pied d'enfer à découvrir le monde du rallye pendant cet Ultimate qui n'usurpe décidément pas son nom. Et j'ai le plaisir de découvrir que je n'ai été la lanterne rouge sur aucune des spéciales, même sur le circuit.
D'ailleurs, au niveau du classement, la grosse surprise sera pour le soir. S'il était évident que Franck Coudert ne pouvait pas manquer la première place du classement de l'Ultimate Rally Day, je finis second, 3 minutes et 26 secondes devant la KTM de François-Xavier grâce à la navigation. Mon premier podium ! Un podium qui n'aurait jamais été possible sans l'aide de Merlin et Chabou après ma crevaison, merci les gars !
Pour répondre à une question qu'on m'a posé à de nombreuses reprises dans la soirée, je pense effectivement que je ferai d'autre rallyes car c'est un sacré virus. En revanche, la prochaine fois, je prendrai certainement une machine qui souffrira moins de la conduite qu'impose une telle épreuve. Il faut dire que l'idée de se pointer à l'Ultimate avec une Honda DN-01 pensée à la base pour cruiser en toute tranquillité, c'est un peu comme le nom de notre "sponsor" sur cette épreuve : un vrai Truc de Fou !
Le rallye, si vous pouvez, foncez en faire un. Pas besoin de préparer éxagérément la moto. Un dérouleur de road-book et zou, en route ! Le rapport investissement/plaisir est absolument impossible à égaler et vous ne pouvez que vous régaler.
Après avoir lu un compte-rendu de queue de peloton, si vous voulez découvrir ce qu'ont fait les top pilotes, courez lire l'article de l'excellent Marc Troussard sur Moto-Net.

Chabou au Gué de Sellat

Ça frotte, ça frotte ! Photo Gilles Malbet

Ça a frotté, ça a frotté. Photo Gilles Malbet


Photo Corinne Montculier

On ne croirait pas, mais j'attaque ! Photo Corinne Montculier

Chauffé, le bitume ne résiste pas aux grosses attaques !

Bilan final : Seconde place pour l'Ultimate Rally Day 2010
Nombre de commentaires 8
Commentaires
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Envoyé 28/06/2010 à 15h50 par BOOZE
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Envoyé 28/06/2010 à 16h18 par Corinne 'tite route
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Félicitations encore une fois ! C'était gonflé d'y croire avec pareil engin mais ça l'a fait et grave ! J'ai adoré le passage sur le circuit de kart, à chaque tournant on entendait les crissements de tout ce qui frottait : énorme.
Ajouté à ça la candeur du pilote qui n'en revenait pas de ce qu'il accomplissait avec le DN 01: yehaaa !
Je transmettrai à Merlin le lien, il était très touché que le soir de la remise des prix tu sois venu l'associer à ta victoire en lui présentant ta coupe. Mais que veux-tu le Team MG, s'était surnommé les Poireaux Girondins... entre poireaux
))Envoyé 28/06/2010 à 17h34 par SOFIRE
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excellentissime!Envoyé 28/06/2010 à 18h59 par Le Chel 001
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Complètement dément de voir cette DN-01 à l'attaque mais au final, c'est payant. Qu'un mot, BRAVO...Envoyé 28/06/2010 à 22h15 par OVO
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Salut p'tit lu ! comme dit plus haut, c'était gonflé de concourir avec un DN...Bravo! et lors de ton passage au circuit kart on entendait bien les appuis en courbe
Content d'avoir participé à tes quelques minutes de répit... longue route à toi et bonne suite!Envoyé 29/06/2010 à 12h02 par merlin
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Autant c'est pas du tout fait pour ça... autant niveau marketing vous etes au top !!! lol
En passant, vous avez un article sur caradisiac la classe ;p
http://moto.caradisiac.com/Clin-d-oe...t-possible-235
V
guiEnvoyé 01/07/2010 à 14h24 par guiexe
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Envoyé 23/07/2010 à 14h46 par darkrider03
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